Satsang Summary
Seul le Soi Immuable Est : de la pensée « je » à la
Conscience Pure et à l'Amour Suprême Intérieur
13 août 2025
AMMA: Le mental ne connaît que deux choses : être actif ou dormir. C’est pourquoi, lorsque vous demandez au mental de rester tranquille et de méditer, il lutte. Sa nature même se limite à ces deux états : soit l’activité, soit le sommeil. Or, vous lui demandez quelque chose qui se situe entre les deux : « Ne sois pas actif, ne dors pas, sois éveillé et médite. » Il ne le fera pas ; il luttera, il se battra contre vous.
Question: Amma, vous avez parlé de trouver la racine de la pensée « je » et de s’y maintenir fermement. Pouvez-vous expliquer comment y parvenir avec succès ?
AMMA: Simplement en étant conscient de la pensée « je ». Le « Je » immuable, qui surgit du fait d’être conscient — cette conscience est antérieure à cette pensée « je ». Cette conscience est lumière. C’est de cette conscience seule que surgit la pensée « je ». Ainsi, dès que vous êtes conscient de la pensée « je », vous revenez déjà à sa racine. Une fois que vous êtes là, il se peut que cette pensée « je » lutte, qu’elle veuille s’échapper. Mais maintenez-vous-y fermement. Cette conscience est la racine. Cette lumière est la racine. Vous pouvez voir la lutte de la pensée « je » pour s’en sortir et s’échapper. Mais en ne le lui permettant pas, en la maintenant, c’est là qu’elle se dissout.
Le point d’où émerge de cette pensée « je » est donc la conscience, est la lumière, est le Soi. Car dès lors que votre identité est associée à la pensée « je », cela devient difficile. C’est cette identification qui permet à la pensée « je » de survivre. Tandis qu’ici, vous branchez votre identité sur quelque chose qui se trouve au-delà d’elle. C’est cela, la conscience. Le « Je » en tant que lumière.
Question: Amma, il y a ici une aspiration à l’amour. Cela vient-il du mental ? Et est-ce un obstacle à la croissance spirituelle ?
AMMA: Nous devrions savoir pourquoi nous aspirons à l’amour. Et où se trouve cet amour ? Il est naturel pour chacun d’aspirer à l’amour. Mais nous devrions savoir où se trouve cet amour. Quelle est son essence ? Est-il déposé en quelqu’un d’autre ? Ou est-il déposé en nous-mêmes ? Une fois que l’on fait l’expérience du véritable amour en soi, on n’attend plus l’amour de quelqu’un d’autre. Car même cela n’est qu’une idée.
L’essence de l’amour vient du cœur. Ainsi, vous êtes comblé en vous-même. Vous ne mendiez pas l’amour. L’amour vient à nous parce qu’il n’est rien d’autre que nous-mêmes. Devenir cet amour est bien plus facile que de le demander à l’extérieur. Car même l’amour qui vient de l’extérieur disparaîtra un jour. Il n’est pas stable. Il n’est pas constant. Notre nature est amour.
Cette aspiration devrait être tournée vers l’intérieur, vers la source de l’amour, qui est une fontaine d’amour. Ainsi, vous êtes totalement comblé par ce que vous êtes. Le pur Shiva est amour. Le pur Soi est amour. Une fois que vous commencez à faire l’expérience de cet amour, vous ressentez l’élan de donner, non de prendre. Vous avez envie de disparaître en cela.
Si l’amour ne nous fait pas disparaître dans cet Absolu, alors l’amour devient un business. Donner et prendre. Lorsque l’amour surgit de l’intérieur, vous ressentez l’élan de vous abandonner. C'est cela, le véritable abandon.
Un tel amour ne s’estompera jamais. C'est une satisfaction totale. Car c’est l’essence même de l’existence. Une fois que nous touchons à cet amour suprême, à cet absolu, nous n’avons même plus envie de revenir dans ce monde. Tant cela est puissant. Aspirez à cela. À cet amour suprême qui ne s’estompe jamais.
Question: Je suis un peu confus quant à la différence entre la conscience (consciousness) et l’attention pure (awareness). Cela semble subtil, mais y a-t-il une distinction ?
AMMA: En essence, c’est la même chose. C’est la manière dont nous utilisons et comprenons ces termes qui peut différer. « Je suis conscient (conscious) », « je suis dans l’attention pure (aware) ». Si je suis conscient de quelque chose, ce n’est pas une conscience personnelle. C’est la conscience elle-même ; c’est une qualité de la conscience. Vous êtes conscient et vous êtes dans l’attention pure. Les deux sont identiques.
Mais cette attention pure (awareness) et cette conscience (consciousness) sont indépendantes. En sanskrit, nous disons bodham. Ce terme est bien plus juste. Et ce bodham est pur. Mais lorsque nous utilisons cette qualité de ce bodham, nous disons : « je suis conscient de », et « je suis dans l’attention pure de ». Mais cette attention pure est justement pure. Ainsi, ce ne sont que les mots qui sont intervertis. Existence, conscience, félicité. Nous disons aussi existence, attention pure, félicité. Tout cela est la même chose.
Cette conscience ne choisit rien. Il n’y a que le mental pour choisir. Son existence est indépendante. Elle n’est pas localisée. Vous êtes conscient de tout ici. Mais cette conscience est-elle limitée à un seul corps ? Elle se limite lorsque le mental s’en empare. Si le mental ne choisit rien, la conscience ne choisit rien non plus. Elle est indépendante. Elle existe. Elle est éternelle.
Si vous êtes conscient de ce corps, de ce monde, de toute chose, alors avec cette conscience vous voyez aussi que notre nature est impermanente. Notre nature permanente, qui est votre nature véritable, ne connaît ni mort, ni naissance, ni individualité. Il n’y a rien à choisir, rien à rejeter, rien à accepter. Cela seul existe et ne sait pas que cela existe. Mais ce n’est pas un vide. C’est paripoornam, le mot tamoul signifiant complétude. Il n’y a rien de plus à dire.