Satsang Summary
Le Centre Immobile, l’Immobilité Même, Hridayam, le
Cœur
Vendredi soir 17 octobre 2025
Question: Chère Amma, j'aimerais beaucoup entendre ce que vous avez à dire à propos d'une chose qu'un enseignant m'a dite et qui continue de m'influencer. Il parle de l'horizontale — des efforts que nous fournissons sur un plan horizontal — et des efforts que nous fournissons sur un plan vertical.
Le plan horizontal est ce que la plupart des gens perçoivent comme la réalité spatio-temporelle. Il l'appelle la « réalité du monde », par exemple le travail de guérison sur le plan psychologique. Il dit qu'il est très utile pour beaucoup de gens de travailler à ce niveau, pour ensuite aller plus en profondeur dans le plan vertical. Le plan vertical signifie entrer dans l'intemporalité, entrer dans l'instant. Sa méthode consiste à tout ressentir sans rien faire, sans explications, sans interférence avec le mental, et aussi sans observer, ce qu'il appelle la dissociation.
Que diriez-vous concernant l'effort dans le plan horizontal ? Et que pensez-vous de cette méthode qui consiste à tout ressentir sans rien y ajouter, pour aller plus en profondeur vers le Soi ?
AMMA: Vous devriez en réalité demander à l'enseignant qui a dit cela il doit savoir bien mieux ce qu'il voulait dire. Il est vrai que tout le monde ne peut pas facilement accéder à l'état où il n’y a plus d’effort. L'effort consiste à parvenir à l'absence d'effort. Lorsqu'on atteint cet état où il n’y a plus d’effort, alors c'est toujours la verticalité, direct. Il n'y a rien de plus à faire ; vous ne faites plus d’effort, vous savez, vous y êtes.
Mais l'effort consiste à parvenir à cet état d'être sans effort. Sans traverser de telles choses, vous ne pouvez pas y parvenir. Personne ne peut simplement en sortir comme ça. Tout doit être traversé — et alors vous en sortez.
Question: Et quelle est la juste attitude envers les ressentis ; comment les aborder ?
AMMA: Que voulez-vous dire par « ressentis » ?
Question: Comme dans ma vie quotidienne, quand je me mets en colère, que je suis contrarié, ou que je suis heureux ou joyeux.
AMMA: Alors, vous pouvez vous en dissocier. Vous pouvez prendre de la distance par rapport à cela. Ne pensez pas que ces ressentis sont « moi », ni qu'ils sont vrais.
Question: Pour ma part, lorsque je me dissocie, je trouve un calme, mais c'est une sorte de calme froid. Quand je passe à la verticalité, ce calme n'est pas froid — le ressenti est différent.
AMMA: D’accord, alors faites cela. Faites ce qui vous paraît juste, oui, c’est bien ainsi.
Après un court silence, Amma lança avec malice : « Je me demandais ce qu’étaient la verticale, l’horizontale et le ressenti. » Puis, avec un petit rire : « C’était ça, ma difficulté. »
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Question: Je me sens très chanceux d'être à Tiruvannamalai en ce moment. Mais je ne suis ici que pour quelques jours seulement. Selon vous, quel est l'essentiel de la vérité que je puisse emporter avec moi ?
AMMA: La vérité, c'est vous. C'est votre pure existence. Voilà ce que vous êtes. C'est la vérité.
Tout ce que vous expérimentez ici, à Tiruvannamalai, c’est exactement la même chose. Vous avez parlé de « verticalité », qui est le Centre, achalam, immobile, silencieux. C’est le centre de votre existence.
Ce que nous voyons comme le plan relatif — ce phénomène corps-mental — est un champ qui l’entoure, horizontal. Nous l’appelons kshetra, un champ dans lequel cette énergie se déplace — le domaine de l’expérience.
Le centre est éternellement calme et immobile. Mais tant que nous nous identifions à ce champ, nous croyons ne faire qu'un avec lui. Tout le processus consiste à sortir de cette identification au champ et à revenir au centre, pour Réaliser qui vous êtes — ce qui est vertical, stable et inébranlable.
Arunachalam. Achalaswaroopam — telle est la véritable nature d’Arunachalam — Achala-manaswaroopam, le centre immobile, la quiétude elle-même, Hridayam, le cœur. Ce cœur, c’est ce que vous êtes. C’est la vérité. Ainsi, tout le processus et tout le progrès spirituels se déroulent dans ce champ. Tout l’effort consiste à sortir de ce champ pour reconnaître le centre.
Cette saveur — vous la goûtez ici. Dans ce kshetra même, dans ce champ sacré, vous saisissez l'essence de cette vérité : votre centre est immobile, éternellement calme, achala. Quoi qu'il arrive, cela ne vous concerne pas. Tant que vous pensez que ce champ est « moi », il y aura effort. Il y a certaines choses que vous devez traverser et dont vous devez sortir ; et certaines choses dont vous devez vous distancier — d'une manière ou d'une autre.
Mais tout l'effort consiste à devenir sans effort, stable et inébranlable en tant que ce que vous êtes : le centre, qui est éternellement immobile et calme. Tant que nous nous identifions à ce champ de phénomènes corps-mental, il y aura effort.
Question: Comment peut-on être à la fois celui qui agit et celui qui observe ? Celui qui agit implique de l’identification, et celui qui observe implique de la dissociation : n’y a-t-il pas là une dualité ? En tant que grihastha (maître de maison), comment peut-on concilier les deux ?
AMMA: Tant que vous êtes celui qui agit, vous ne pouvez pas observer. Mais lorsque vous en venez à l’observateur — le véritable sakshi, le vrai témoin — ce témoin est le Soi. Si votre identité se situe dans le Soi, alors même lorsque vous agissez, vous n’avez pas le sentiment de faire, parce que celui qui agit n’a pas d’existence réelle. Ce qui compte, c’est là où se situe votre identité. En vous considérant comme celui qui agit, vous ne pouvez pas observer ; ce n’est pas possible.
L’action peut se produire, mais la réalité de celui qui agit, de celui qui apprécie, de celui qui fait l’expérience, n’existe pas dans le Soi. Le Soi ne connaît aucun auteur de l’action, même lorsque les choses se produisent.
Question: Ces dernières semaines, j’ai compris que « je médite, je progresse, je viens à Tiruvannamalai », tout cela est un malentendu. Parce que ce que « je suis » ne va nulle part, ne fait rien, ne progresse pas. Tout cela relève de cette fausse identification. C’est incroyable ! C’est tellement insidieux. Je pense : « Je suis un bon méditant. »
AMMA: Si quelqu'un dit : « Je médite bien », alors la méditation n'a pas vraiment lieu. La vraie méditation ne dit jamais : « Je médite. » Cela peut surgir parfois, de soi-même, mais vous pouvez simplement le voir et en rire, parce que ce n'est pas réel.
C'est pourquoi nous disons que la dévotion est ce qu'il y a de plus élevé. Parce que tant que ce « personnage » — le sentiment d'être l'auteur de l'action — existe, il dira quelque chose : en bien ou en mal, il dira quelque chose. Alors nous disons : « Je Lui appartiens. » Tout ce qui arrive à travers moi, c'est à Lui. C'est cela, la dévotion. Si ce « personnage » existe encore, qu'il appartienne au Soi Suprême, et pas à moi. C'est cela, la bhakti.
Tant que le champ de la reconnaissance et de l’identification existe — les ressentis et les émotions — il vaut mieux avoir ce bhava, cette attitude de dévotion. Alors, quoi qu’il arrive à travers moi, c’est Sa volonté. C’est Lui qui agit à travers moi, pas moi. Cela aussi est de la dévotion. Toute action se produit à travers ce pouvoir ; c’est ce pouvoir qui me fait agir. Cette compréhension, ce bhava, est la véritable connaissance. Toutes les actions que nous accomplissons ne sont en réalité l’œuvre d’aucune personne.
Question: Donc, en fin de compte, les actions ne se sont-elles jamais réellement produites ?
AMMA: En effet.
Question: Vous avez dit l'autre jour que lorsqu'une personne est en état de samadhi, si elle conserve encore un désir auquel elle s’attache, elle reviendra. Mais si elle est en samadhi, ne réaliserait-elle pas que les actions et les désirs ne se sont jamais produits en réalité ? Alors, comment peut-elle revenir ?
AMMA: Le potentiel de revenir est là, à l’intérieur. C’est pourquoi j’ai dit que le samadhi doit être complet : vasanaakshaya (la destruction des vasanas) doit être pleinement accompli. Dans l’état de samadhi, oui, ils sont dans ce même état : il n’y a pas de méditant, rien ; il n’y a que le Soi. Mais lorsqu’ils en ressortent, ils y sont contraints, jusqu’à ce que cela devienne stable et constant.
Question: Donc ils s'identifient simplement à nouveau, et c'est ça, le problème ?
AMMA: Oui, ils s'identifient à nouveau. Alors, vous préférez être debout ou couché ? Être couché (lying), c'est mentir (a lie) ; tomber (falling), c'est toujours une chute (a fall).
[NDT : Jeu de mots en anglais fondé sur le verbe to lie, qui signifie à la fois « s'allonger » (lying) et « mentir » (a lie).]
Amma conclut la soirée en rappelant à chacun de demeurer stable dans le Centre, à jamais calme, à jamais libre.